Les bourrins - 10) American Shaolin
Il faut bien l'avouer, les séries B américaines de tatanage de gueules doivent beaucoup aux asiatiques.
Si, bien souvent, les acteurs et les réalisateurs furent américains ou, tout du moins, occidentaux, la production, ou l'équipe de tournage, étaient parfois de Hong Kong.
Ce pan du cinéma américain doit donc beaucoup, en particulier, à Ng See Yuen et sa société "Seasonal film corporation".
Car l'homme a découvert ou lancé, Jackie Chan, Yuen Woo Ping, Tsui Hark, Corey Yuen, Conan Lee, mais aussi, du côté de l'occident, JCVD, Loren Avedon et quelques autres.
Effectivement, c'est sous l'impulsion de Ng See Yuen que Corey Yuen réalise "Karaté Tiger / Le tigre rouge / No retreat no surrender", qui lança la carrière de JCVD. Loren Avedon sera ensuite embauché sur les fausses suites "No retreat no surrender 2 et 3 / Karaté Tiger 2 et 3".
Loren Avedon est né en 1962 et se lance dans les arts martiaux après avoir vu les films de Bruce Lee (comme beaucoup). Comme sa mère est directrice de casting, il joue rapidement dans des publicités.
C'est donc avec "Karaté Tiger 2" que le bonhomme se lance vraiment dans le cinéma avec, pour résultat, des films assez moyens malgré un physique agréable et un jeu de jambes des plus corrects.
On le verra également apparaître dans un épisode de la série "Le flic de Shangaï" comme quelques uns de ses collègues.
Parmi les films regardables de l'acteur, cet "American Shaolin", une comédie Kung Fu sympathique dans laquelle Loren joue le rôle d'un américain qui se prend pour un champion mais qui est vite humilié par un kickboxer qui lui baisse son short et le frappe (ce qui n'est pas sans rappeler un film de Jackie Chan). Vexé, le mec va aller en Chine et se rendre devant un monastère Shaolin afin d'apprendre vraiment les arts martiaux. Devant le refus des moines, l'homme va décider de faire la grève de la faim devant le monastère jusqu'à ce qu'il soit enfin accepté.
Devant la détermination de l'américain, les moines vont finir par accepter mais, entre les entraînements très durs et le fait d'être rejeté parce qu'américain, l'homme aura fort à faire.
"American Shaolin / Karaté Tiger 5" est une comédie comme nous en proposait Jackie Chan au début de sa carrière, avant ses premiers succès.
Le film mélange humour et de Kung Fu fonctionne plutôt bien dans ce film réalisé par Lucas Lowe, presque le réalisateur attitré de Loren Avedon et scénarisé par Keith Strandberg, le scénariste de "Bloodmoon".
Humour potache, du kung fu, malgré un scénario simpliste et prévisible, et, en prime, un acteur sympathique, il n'en faut pas plus pour rendre ce film intéressant.
Au final, Loren Avedon aura eu peu de premiers rôles, ce qui est dommage car, avec un physique agréable, une bouille sympathique, des grandes capacités martiales et un jeu d'acteur au dessus de la moyenne dans ce genre de film, Loren aurait pu espérer une carrière plus glorieuse.
D'autres films à voir avec Loren Avedon :
- Karaté tiger 2
- The king of the kickboxer
Les bourrins - 9) Bloodmoon
Darren Shahlavi, ce nom ne vous dit probablement rien, et pour cause, l'homme est apparu très peu au cinéma, et c'est bien dommage.
Né en Angleterre en 1972, il débute les arts martiaux dès l'âge de 7 ans.
A la vingtaine, l'homme s'en va à Hong Kong et pénètre le milieu du cinéma en tant que doublure corps et cascadeur avant de jouer de petits rôles de méchants.
Là-bas, il n'aura qu'un rôle consistant, celui du méchant dans le film "Taï-Chi II".
Si, ces derniers temps, l'acteur apparaît dans de nombreuses séries comme "Human Target", "Sanctuary", "Intelligence" et est apparu dans des films de Uwe Böll, jamais un bon signe ("King Rising", "Bloorayne", "Alone in the dark") et apparaît même dans "Ip Man 2", c'est avant tout pour un film que les amateurs de séries B d'action peuvent le connaître : "Bloodmoon".
"Bloodmoon" est une série B américaine produite par Ng See Yuen, un réalisateur moyen mais producteur à succès et, surtout, découvreur de talent. En tant que réalisateur, il n'a à son actif que des films inconnus ou très moyens ("Le jeu de la mort 2"). Mais, en tant que producteur, il est celui qui a lancé ou relancé les carrières de Yuen Woo Ping, Jackie Chan, Jean-Claude Van Damme, Tsui Hark, Corey Yuen, Conan Lee, Loren Avedon...
"Bloodmoon" est un film réalisé par Tony Leung Siu Hung (à ne pas confondre avec Tony Leung Chiu Wai ou Tony Leung Kar Fai) qui est un chorégraphe méconnu mais de qualité du milieu du cinéma de Hong Kong et un réalisateur de quelques films qui, sans être géniaux, ont marqué un petit peu le monde du cinéma bis.
Cependant, c'est bien en tant que chorégraphe qu'il excelle, ce qui lui vaut de travailler à la chorégraphie de la série "Ip Man".
Pour "Bloodmoon", Tony Leung S.H. s'attelle à la double tâche chorégraphie - réalisation.
Comme acteur, l'homme s'entoure du musculeux mais monolithique Gary Daniels, de Chuck Jeffrey (chorégraphe sur la saga "The blade"), du catcheur Rob Van Damme et du fameux, Darren Shalavi.
Du côté scénario et interprétation, "Bloodmoon" ne se démarque pas des productions de séries B américaines de l'époque. Par contre, niveau réalisation et, surtout, chorégraphies, on sent de suite la patte de Hong Kong. C'est d'ailleurs ces deux points là qui rendent "Bloodmoon" bien plus intéressant et plus jouissif que les productions usuelles.
Tony Leung S.H. sait filmer et chorégraphier des scènes de combats. Du coup, on a rarement vu, pour ne pas dire jamais, Gary Daniels aussi dynamique et percutant. Son duo avec Chuck Jeffrey fonctionne plutôt bien et le film sait, parfois, être léger et drôle.
Mais un bon film de bastons nécessite un bon héros mais aussi, et peut-être surtout, un bon méchant. Et c'est dans ce rôle qu'intervient Darren Shalavi, comme d'habitude et on peut dire qu'il y parvient très bien.
Inquiétant, déjanté, maquillé comme le négatif du chanteur de Kiss, l'homme est parfait comme grand méchant imbattable. L'homme permet donc d'obtenir de grands combats avec Gary Daniels et participe à la bonne tenue de l'ensemble du métrage.
Au final, si "Bloodmoon" souffre d'une interprétation un peu légère et d'un scénario simpliste, il excelle, par contre, dans ses combats (du moins pour un film américain) et c'est avant tout ce que l'on demande à ce genre du film.
Du coup, "Bloodmoon" s'inscrit comme l'un des tout meilleurs films avec Gary Daniels (avec "Nikki Larson" et "Rage") et l'un des tout meilleurs avec Darren Shahlavi et Chuck Jeffrey, mais ils en ont fait très peu, trop peu.
Un film à voir pour tout amateur de séries B de baston américaine.
D'autres film à voir avec Darren Shahlavi :
- Taï Chi Master 2
Les bourrins - 8) Immortal Combat
Roddy Piper, j'en parlais dans l'article précédent ("Épreuve Mortelle") a prêté, comme tous bons catcheurs, son corps à la science du film de série B.
Exception à la règle, ce n'est pas à travers un de ses meilleurs films que je vais parler de lui (de toute façon, son meilleur n'est pas une série B dans le sens entendu dans ces articles puisqu'il s'agit d'une vraie bonne série B de Monsieur John Carpenter "Invasion Los Angeles" et son second meilleur film a été abordé à travers la carrière de Billy Blanks), mais au travers un film qui pourrait être anodin.
Anodin car assez moyen pour ne pas dire mauvais, mais une surprise survient dans le film, j'y reviendrai plus tard.
"Rowdy" Roddy Piper est canadien, pourtant il se fera connaître dans le monde du catch par sa jupe écossaise même s'il avait débuté dans le judo.
Je ne m'étalerais pas sur sa carrière de catcheur pour m'intéresser à sa carrière d'acteur.
Bizarrement, Roddy débute quasi directement par son plus grand film, "Invasion Los Angeles" de John Carpenter, une série B culte de l'immense réalisateur, à la fois drôle, rythmée, cynique et critique puisque le maître nous offre une critique acerbe de la société de consommation. Son premier film étant "Transmutations / Hell comes to frogtown", une comédie déjantée sur un monde apocalyptique peuplé de mutants humanoïdes batraciens.
Un petit peu de télévision dont deux apparitions dans la série "Les nouvelles aventures de Zorro", puis c'est "Back in action" avec Billy Blanks avec qui il rejouera dans "Épreuve Mortelle". Il jouera également dans quelques autres séries B et dans un épisode de "Walter Texas Rangers".
"Rowdy" Roddy Piper reviendra également sur le ring assez récemment, revêtant à nouveau sa jupe écossaise.
Sans avoir révolutionné le milieu, "Invasion Los Angeles", à lui seul, mérite que l'on s'intéresse à l'énergumène. Cependant, il y a quelques autres films à noter dans sa filmographie comme les deux films avec Billy Blanks, une adaptation des "7 samouraïs" et un film de gangs que je nommerai plus tard.
Dans "Immortal Combat", Roddy Piper interprète un flic américain qui doit faire équipe avec un flic japonais afin d'infiltrer une île sur laquelle une folle rêve de dominer le monde et fait des expérimentations sur des experts en arts martiaux afin de créer le combattant ultime.
Prenez du "Le Ninja blanc", ajoutez du "Opération dragon" et tout un tas de films du genre et vous obtiendrez un truc qui ressemble à "Immortal Combat" à condition de sombrer dans le n'importe quoi ultime.
Rien de grandiose dans ce film, ni l'histoire, ni la réalisation, ni les acteurs et pas plus les combats. Pourquoi donc parler de ce film alors ?
Tout d'abord, avant d'acheter la VHS de ce film, je l'ai découvert un samedi soir sur TF1 dans la série des "Hollywood Night", qui nous offrit, à l'époque, la possibilité de découvrir des "tataneurs" comme Jeff Wincott, Gary Daniels et bien d'autres.
Ensuite, parce que malgré le peu d'intérêt du film, ce dernier m'a permis de découvrir un acteur que je ne connaissais pas à l'époque. Incroyablement, l'homme, à mes yeux, s'est immédiatement démarqué des autres. Pas seulement parce qu'il était asiatique, mais parce qu'il avait une démarche féline et un charisme qui m'a poussé, à l'époque, à m'intéresser à lui. C'est ainsi que j'appris qui était Shinichi Sonny Chiba, le héros de la saga des "Street fighter" si chère à Quentin Tarentino que ce dernier a fait connaître au monde entier grâce à son dyptique "Kill Bill". Je me suis ensuite intéressé à la carrière japonaise de l'acteur pour mon plus grand plaisir.
Pour ce qui est de "Immortal Combat", le film est assez mauvais et n'offre qu'un intérêt limité tant les acteurs cabotinent (même Chiba) et les situations sont ridicules. De plus, le film bénéficie (pour être gentil) de la présence de Meg Foster (que vous pourrez apprécier également "Futur Kick" aux côtés de Don the Dragon Wilson et aussi dans "Invasion Los Angeles") qui offre la particularité d'avoir un regard extraordinaire mais agaçant et qui contraste avec sa rousseur inversement aussi flamboyante que ses talents d'interprétation.
Pour preuve que le film est mauvais, aucun renseignement sur le réalisateur, Daniel Neira, dont il semblerait que ce film soit sa seule réalisation.
Au final, malgré ce film insipide, Roddy Piper a quand même livré quelques bonnes prestations, (dont "Invasion Los Angeles" qu'il faut vraiment avoir vu) et, si ce n'est pour sa carrière au cinéma, a brillé dans le catch.
Quelques autres films avec Roddy Piper à voir :
- Transmutations (Hell comes to frogtown)
- Invasion Los Angeles
- Back in Action
- Epreuve Mortelle
- Jungle Ground
- Bad Pack
Les bourrins - 7) Epreuve mortelle
Les tataneurs dans les films de série B forment une grande famille. Du coup, il n'est pas rare qu'ils se croisent dans les films des un et des autres.
"Épreuve mortelle" en est un parfait exemple vu qu'il regroupe à la fois Roddy Piper, l'ancien catcheur dont je reparlerai dans une autre chronique, Richard Norton dont j'ai déjà parlé et Billy Blanks, la perle noire du cinéma bis, dont je vais vous parler maintenant.
Billy Blanks est parti de rien pour arriver aux sommets, avec un "s", puisqu'il a excellé dans le sport avant d'exceller dans le business et dans le cinéma bis (bon, exceller est un bien grand mot pour ce dernier cas de figure).
Fils d'une nombreuse famille pauvre, vivant dans un quartier pauvre, dyslexique et touché par une malformation articulaire, le petit Billy n'avait vraiment rien pour lui. Mais, comme pour beaucoup, il dévore les films de Bruce Lee et décide de se lancer dans le Karaté. Il devient rapidement un expert, devenant ceinture noire dans 7 disciplines, remportant un nombre incalculable de médailles. Il se lance ensuite dans la boxe, avec un certain succès et décide ensuite d'ouvrir ses propres dojos, cherchant à enseigner et à élargir sa clientèle. C'est à ce moment là qu'il a l'idée qui le rendra riche et célèbre, de créer le "Tae Bo", un mélange personnel de Tae Kwon Do et de Boxe qu'il transforme en méthode de fitness.
La méthode plaît, les stars se bousculent chez lui, ce qui lui entrouvre les portes du cinéma.
Son premier succès arrive avec une production Roger Corman, en partageant l'affiche du premier film avec Don the dragon Wilson, "Bloodfist".
Il apparaît ensuite dans quelques productions renommées comme "Tango & Cash", "Full contact" et, surtout, "Le dernier Samaritain", avec bruce Willis, dans lequel il interprète le rôle du joueur de football américain qui pète un câble et se tire une balle dans la tête après un "touchdown".
Fort de ces quelques apparitions, et grâce à sa musculature, le bonhomme obtient des premiers rôles dans des séries B de bastons, bien souvent mauvaises, comme "TC 2000" ou "Talon of Eagle" aux côtés du nanardeux "Steven Seagal de Beyrouth", Jalal Merhi, "Shodown" une adaptation de "Karaté kid"... Comme quelques tataneurs de l'époque, il apparaîtra également dans la série "Le flic de Shangaï" (comme Marc Dacascos, Olivier Gruner ou Chuck Norris).
Et puis, il y a deux films sympathiques qu'il mène en duo avec le catcheur Roddy Piper dont ce "Épreuve Mortelle", l'autre étant "Back in action".
Dans "Épreuve Mortelle", Billy Blanks interprète le rôle de John Portland, un ex agent de la CIA atteint d'amnésie partielle qui doit faire équipe avec un détective, Elmo Freech (Roddy Piper), afin de démanteler un immense trafic de drogue.
Malgré une réalisation un peu plate et une image datée des années 90, "Épreuve Mortelle" fonctionne grâce à son duo d'acteurs. Effectivement, si ni Roddy Piper et encore moins Billy Blanks, sont des bons acteurs, ils n'en forment pas moins un duo sympathique et complémentaire entre la force primaire de Piper et sa technique de combat ciblée "catch" et le musculeux Blanks au regard bovin et à la technique de jambes impressionnante. L'un fonce, l'autre frappe et ça fait mal.
Le scénario n'est alors que prétexte à bastons et fait la part belle aux combats.
Le réalisateur, Steve Cohen, est connu pour avoir été assistant réalisateur ou assistant de seconde équipe sur des productions comme "Les Goonies", "Invasion USA".
L'homme réalise un premier film, "Martial Law" avec Cynthia Rothrock, David Carradine et Chad Mc Queen (le fils de Steve). Il travaille ensuite sur la série "New York - Police judiciaire" puis réalise "Épreuve Mortelle" avant de réaliser une film avec Rose McGowan et de se faire oublier à la télévision.
Au final, si Billy Blanks n'a pas brillé au cinéma (il n'en a pas besoin, son Tae Bo a fait de lui un homme riche), l'homme est tout de même très sympathique et a livré quelques films regardables dans lequel on peut apprécier sa musculature et son regard toujours aussi bovin.
Quelques films avec Billy Blanks à voir :
- Back in Action
- Le dernier Samaritain
- Full contact
- The King of the Kickboxers
Et rien d'autre, car il ne faut pas déconner non plus.
Les bourrins - 6) L'arme parfaite
Jeff Speakman, qui s'en souvient ? Personne n'a oublié Steven Seagal, mais j'ai bien peur que Jeff soit passé dans l'anonymat total.
Sportif émérite, Jeff est plongeur acrobatique de "haute voltige" au lycée. C'est en regardant la série "Kung Fu" avec David Carradine, qu'il décide de se tourner vers les arts martiaux. Il se forme d'abord au Karaté Goju Ryu avant de se diriger vers le Kenpo dans lequel il va exceller.
Suite au succès de Steven Seagal qui a l'avantage de présenter un art martial peu utiliser au cinéma, l'Aïkido, Jeff Speakman a l'opportunité, de mettre en avant le Kenpo à travers "L'arme parfaite".
Dans ce film, Jeff Speakman joue le rôle de Jeff Sanders, spécialiste de Kenpo, qui revient au pays pour revoir son ami Kim. Mais ce dernier a maille à partir avec la mafia coréenne et sera assassiné. Jeff se lancera alors dans une vendetta meurtrière.
Avec ce premier film, Jeff Speakman met la barre bien haut pour une série B. Honnêtement réalisé, combinant des scènes d'actions agréables et des combats bien mis en valeur, le film aura un franc succès laissant entrevoir une bonne carrière à Jeff d'autant qu'il se révèle moins monolithique que les acteurs de films d'action de série B habituelles.
"L'arme parfaite" bénéficie vraiment de bonnes séquences de combats, rapides et impressionnantes et n'est pas avare en action et le film ne souffre pas de temps mort.
Grâce à ce premier succès, Jeff Speakman enchaîne avec trois films plutôt corrects pour des séries B mais qui n'auront pas le succès de "L'arme parfaite" et poussera Jeff Speakman à jouer dans des films de moins en moins intéressants, le plongeant dans l'anonymat.
Le réalisateur n'est autre que Marc Di Salle. Je dis "n'est autre" même si le nom ne vous dis rien car tout le monde a déjà vu au moins un de ses deux films ("L'arme parfaite" est son deuxième film) puisque son premier film est "Kickboxer" avec JCVD. D'ailleurs Di Salle produira et jouera dans plusieurs films du belge bondissant.
Au vu de ce film, on ne peut que regretter que Jeff Speakman et Marc Di Salle n'aient pas eu des carrières plus étoffées car ce film était très prometteur pour la carrière de l'un comme pour celle de l'autre.
Maintenant, Jeff Speakman s'occupe de ses écoles d'arts martiaux et forme des jeunes au Kenpo.
Quelques films à voir avec Jeff Speakman :
- Sur la défensive
- Sans alternative
- Le spécialiste
- Alerte rouge
Les bourrins - 5) Stone Cold
Il était temps de mettre à l'honneur sur un blog se targuant d'aimer le cinéma, l'immense acteur qu'a été "The Boz", Brian Bosworth et le film qui le rendit célèbre (dans un quartier d'une petite ville d'un coin reculé des USA), j'ai nommé, "Stone Cold" aussi méconnu dans notre contrée sous le titre de "La confrérie de la mort".
"Stone Cold", à ne pas confondre avec le surnom de Steve Austin, le catcheur, pas l'homme qui valait 3 millliards, est le film qui révèla au monde entier et ses environs, le cultissime culturiste, l'immense, le magnifique, l'extraordinaire, Brian "The Boz" Bosworth.
Qui a déjà vu cet homme, donc tout le monde, ne peut l'avoir oublié. Savant mélange entre Arnold Schwarzenneger pour la masse imposante et de Jean-Claude Van Damme pour le jeu d'acteur et la lueur d'intelligence dans le regard, "The Boz" a révolutionné le cinéma d'action à lui tout seul... enfin, il aurait pu, peut-être, non, bon, d'accord ! Personne ne connaît Brian Bosworth excepté les fans de football américain et... moi.
Mais c'est un tort, l'homme méritait sincèrement d'être plus connu, notamment, par sa stature imposante et... sa coupe mulet.
Brian Bosworth est, à l'origine, un joueur de football américain, à un poste que je ne nommerai pas du fait que je n'y connais rien dans ce sport. Réputé pour ses coupes de cheveux extravagantes pour l'époque et pour sa grande gueule et sa prétention, le joueur était également promis à une belle carrière. Avec un physique impressionnant et une explosivité naturelle, il a sacrifié sa carrière sur l'autel de sa connerie, faisant boulette sur boulette et déclaration stupide sur déclaration stupide.
N'ayant trouvé qu'un club professionnel pour l'accepter, son comportement et des doutes poussés sur son utilisation de stéroïdes ont fait que l'homme mit rapidement fin à sa carrière, prétextant une blessure à l'épaule.
Qu'importe, le cinéma lui ouvrit les portes, enfin, lui entrouvrit, avec le film "Stone Cold".
Dans ce film, "The Boz" interprète Joe Huff, un flic bagarreur et rebelle qui est contraint, pour éviter la suspension, d'infiltrer un dangereux gang de motards qui vit de la prostitution et du trafic d'armes. Joe Huff, excellent motard également, devient Joe Stone et tente de gagner l'amitié du chef du gang. Ce dernier est prudent et l'affaire s'annonce difficile et dangereuse.
BB, Brian Bosworth, s'impose dans le rôle grâce à sa forte stature et interprète d'une façon assez sympathique, le rôle de ce flic. Moins monolithique qu'il n'y parait, il parvient, grâce à un script simpliste et une réalisation qui brasse large, à assurer un minimum syndical. Le film ne cherche jamais à se prendre pour autre qu'il n'est, une série B bourrine et testostéronée destinée principalement aux mâles avachis dans leurs fauteuils, l'estomac rempli de jus de houblon et de pétales de pommes de terre frites.
Ainsi, le film offre son lot d'action, de fusillades, de bastons, de nichons, d'alcool, de grosses cylindrées. Un film de motards, pour des motards, en quelque sorte avec un final explosif dans lequel une moto explose un hélicoptère en vol et ce n'est pas tous les jours que l'on voit cela.
On notera la présence dans le film de William Forsythe et surtout la bonne prestation de Lance Henriksen en cuir.
"The Boz" jouera dans quelques autres séries B et fera quelques apparitions dans des séries ou des films plus connus comme "Mi-temps au mitard" et "Les rois du désert".
Craig R. Baxley, le réalisateur, est plus connu dans le milieu du cinéma Bis. D'abord cascadeur (il opérera sur "Prédator" par exemple), il débute la réalisation sur la série "L'agence tous risques" sur laquelle il travaille déjà comme cascadeur.
Il réalisera ensuite son premier film avec Carl Weather ("Appolo" dans "Rocky"), "Action Jackson". Pour son deuxième film, il dirige un autre gros bras de la série B, Dolph Lundgren, dans "Dark Angel". Puis, ce sera "Stone Cold".
Plus tard, l'homme réalisera "Sous pression" avec Charlie Sheen, et "Sniper 2".
Quelques autres films à voir avec "The Boz" :
- Virus (à ne pas confondre avec le film de Kenji Fukasaku ou celui avec Jamie Lee Curtis)
- BlackOut
- Retour en force
Les bourrins - 4) Iron fist
Richard Norton n'est pas un inconnu pour tous ceux et celles qui ont suivi la carrière du bondissant Jackie Chan.
Effectivement, Richard Norton a participé à quelques uns des films de la vedette asiatique, toujours dans le rôle du méchant. On notera "Mister Cool", "Twinkle, Twinkle Lucky stars" ou encore "Nikki Larson".
Ceinture noire de karaté, le jeune Richard Norton, né en Australie en 1950, se lance dans la sécurité et devient garde du corps de rockstars comme Mike Jagger avant de partir aux USA. Il y rencontre Chuck Norris qui le fera engager dans un petit rôle dans son film "la fureur du juste" (il jouera également plus tard dans la série "Walker Texas Rangers"). Il double ensuite Michael Dudikoff dans "Américan Warrior". Ayant joué dans un film de Robert Clouse ("Force 5"), il a ainsi accès au cinéma de Hong Kong, Clouse ayant réalisé le dernier film de Bruce Lee et le premier film américain de Jackie Chan.
Il intègre donc les films de Sammo Hung, jouant les méchants face au petit grassouillet ou à son pote Jackie Chan. C'est ainsi qu'il rencontre la blonde Cynthia Rothrock avec laquelle il joue dans "Shangaï express" de Sammo Hung. Le duo se reformera dans plusieurs films asiatiques puis plusieurs séries B américaines ("Rage & Honor 1 et 2", "Lady Kickboxer"...).
Si on excepte ses seconds rôles dans les films de Hong Kong, Richard Norton ne brillera pas par sa filmographie. Éminemment sympathique et avec une réelle présence, ses qualités d'interprétations ne lui permettent pas de progresser dans le milieu. Pourtant, au vu de sa performance dans "Iron Fist" on peut se demander s'il n'avait pas un certain potentiel, peut-être parce que son rôle, videur et propriétaire d'une boîte de nuit, se rapprochait bien de son début de carrière.
Frank Torrance est propriétaire d'une boîte de nuit. Seulement, pour s'offrir sa discothèque, il a du emprunter beaucoup d'argent à la mafia. Au bout de dix ans à rembourser ses dettes, Frank n'en peut plus et décide de se barrer à la fin de la soirée. Seulement, entre les hommes de mains de la mafia et les policiers corrompus, il va avoir beaucoup de problèmes.
L'intégralité ou presque de l'action se passe dans la boîte de nuit et il faut avouer que l'on a jamais vu Richard Norton aussi à l'aise dans le rôle de ce type qui passe la plus mauvaise soirée de sa vie et à qui il n'arrive que des problèmes. Grâce à son cadre exigu, le réalisateur, Georges Matthew compose agréablement avec un budget que l'on devine ridicule pour nous proposer un spectacle sympathique.
J'aurais aimé en dire plus à propos du réalisateur mais je n'ai rien trouvé sur lui si ce n'est qu'il a réalisé "4 Jacks".
Pour revenir à notre Richard, vous pouvez le retrouver dans quelques films regardables comme :
- Mister Cool
- Nikki Larson
- Le code Bushido
- Rage and Honor
- Shangaï Express
Les bourrins - 3) Angel Town
Probablement le meilleur film avec Olivier Gruner, en tout cas son tout premier, "Angel Town" est un film qui ne doit probablement être pas mauvais.
Probablement, car je ne l'ai vu que dans une version française détestable, la seule disponible en VHS à l'époque. Il est à espérer que ce ne soit pas Olivier Gruner qui se soit doublé dans la VF.
Oui, car Olivier Gruner aurait pu se doubler puisqu'il est français et est né en 1960 à Paris.
A 11 ans, il devient passionné d'arts martiaux après avoir vu les films de Bruce Lee (comme beaucoup). Il intègre l'armée française à 18 ans et devient commando de Marine avant de mettre un terme à sa carrière pour se lancer dans une carrière professionnelle de kickboxer.
Il devient très vite champion de France poids moyen avant de devenir champion du monde. Ensuite, il arrête la compétition pour devenir mannequin et acteur.
En tant qu'acteur, il débute dans le film "Angel Town" qui remporte un franc succès, à l'époque, à travers le monde et lance sa carrière.
Si la VF plombe totalement le film, il n'est pas dur de réaliser que ce film a le potentiel d'une bonne petite série B.
En effet, Jacques est un étudiant français qui débarque aux USA, ne pouvant intégrer le campus, il cherche une chambre dans les bas quartiers. Une femme accepte de lui louer une chambre mais le quartier est aux mains d'un gang de latinos et les choses vont vite dégénérer. Heureusement ou malheureusement, Jacques est un expert en arts martiaux.
Sur un scénario mince qui mélange le film de justicier à la Bronson et le film de tatanage de gueules, Olivier Gruner, pour son premier film, assure le spectacle grâce à des scènes plutôt correctement foutues. Si l'interprétation générale est assez moyenne, on retrouve même Marc Dacascos dans une apparition, les scènes d'actions sont suffisamment plaisantes, pour l'époque, pour faire de ce film un bon divertissement. Pour sûr, on aurait aimé une Vf de qualité, ce qui est loin d'être le cas.
Pour le reste de sa carrière, quelques films sympathiques dans des genres différents, avec du western (savate), du cyberpunk (Nemesis), de la science fiction (Mars 2056, piège dans l'espace) et de la série TV puisqu'il apparaît en méchant dans un épisode de "Le flic de Shangaï" aux côtés de Sammo Hung.
Pour ce qui est du réalisateur, Éric Karson, ce n'est pas totalement un inconnu puisqu'il est responsable de l'un des premiers films de notre cher JCVD avec "Black Eagle", le film où JCVD se fait tataner la gueule par le Sho ninja Kosugi. Il a également réalisé "La fureur du juste" avec Chuck Norris et joué dans "Full contact" aux côtés de JCVD.
Olivier Gruner est un acteur limité mais au physique impressionnant et aux capacités martiales indéniables. Loin d'avoir la même côte qu'un Don Wilson, il a pourtant une filmographie plus intéressantes. D'autres films à voir avec le petit français :
- Savate
- Interceptor Force (avec des Aliens tout pourris)
- Nemesis (1 et 2)
- Mercenaire (1 et 2)
- TNT
- Piège dans l'espace (où on peut le voir danser en caleçon long sur de la musique classique)
Sympathique et français, Olivier Gruner aurait probablement mérité une meilleure carrière, dommage.
Les bourrins - 2) Le cercle de feu II
Pas vraiment le meilleur film de Don the Dragon Wilson (mais en même temps, il y en a-t-il un meilleur) mais le premier film d'une des deux sagas qui fit le succès du bonhomme auprès des amateurs de séries B de tatanage de gueule, j'ai nommé, "Le cercle du feu / Ring of death".
Difficile, effectivement, de trouver un film bien au-dessus des autres dans la filmographie de Don Wilson, ce multiple champion du monde de kickboxing.
Pour autant, deux sagas ont marqué sa carrière, celle des "Bloodfist" (9 épisodes) et celle de "Cercle de feu" (3 épisodes).
Si "Bloodfist" est le premier film de l'acteur, choisi et engagé par l'innénarable Roger Corman, le manque d'homogénéité de la série (qui compte quand même beaucoup de mauvais épisodes) me fait lui préférer "Le cercle de feu", d'autant que le second épisode est le premier film avec Don Wilson que j'ai vu et que le premier épisode fait une belle transition avec la précédente chronique puisque Gary Daniels y fait une apparition et qu'ils sont produits par Joseph Merhi et Richard Pépin.
"Le cercle de feu 2" nous conte les mésaventures de Johnny Woo, un médecin expert en arts martiaux, qui, alors qu'il s'apprête à offrir une bague de fiançailles à sa petite amie dans une bijouterie, intervient durant un hold-up. Sa petite amie sera kidnappée et Johnny fera tout pour la retrouver, et dans tout, il y a surtout de la baston au sein d'une société secrète cachée dans les sous-terrains de la ville.
Rien de bien extraordinaire dans cet épisode de Richard W. Munchkin mais le tout se regarde tout de même sans ennui malgré un jeu d'acteur de Don the Dragon Wilson assez catastrophique.
Don the Dragon Wilson, est bien meilleur artiste martial que Gary Daniels, mais il parvient à être pire acteur que ce dernier.
Né en 1954, d'un père américain et d'une mère japonaise, Don Wilson devient rapidement un champion de kickboxing, remportant 11 fois le titre mondial, il a un palmarès élogieux (74 victoires dont 48 par KO et seulement 5 défaites).
C'est sur les conseils de son ami Chuck Norris que Don se rend à Hollywood pour tenter sa chance. Il y rencontrera donc le producteur réalisateur Roger Corman.
En tant qu'acteur, le palmarès est bien moins élogieux. Si on peut lui accorder une apparition dans "Batman forever", à part ça, pas grand chose à se mettre sous la dent. Au mieux des petits nanars sympathiques, au pire, des bouses infâmes.
Véritable artiste martial, l'homme a bien du mal à adapter son art à celui du cinéma (contrairement à ce qu'avait fortement réussi Bruce Lee) et, du coup, nous offre régulièrement des combats un peu mous du genou.
Quant au réalisateur, Richard W Munchkin, tout comme Joseph Merhi, peu de renseignements disponibles sur lui. Il a réalisé et écrit les deux premiers "Cercle de feu", réalisé également le très intéressant "Iron fist" avec Richard Norton puis quelques épisodes de la série "Los Angeles Heat" avec Jeff Wincott dont je reparlerai également.
Autres films à suivre avec Don the Dragon Wilson, aucun. Bon, allez, parce que c'est vous :
- Le cercle de feu
- Le cercle de feu 3
- Bloodfist III : Forced to fight.
- Bloodfist IV.
Les bourrins - 1) Rage
Probablement l'exemple le plus marquant dans le domaine de la série B d'action tant ce film aurait pu être exactement le genre de film que j'ai toujours rêvé voir. Pour cela, il aurait fallu un peu plus de moyens, un meilleur réalisateur et un meilleur acteur principal (au niveau de l'interprétation). Mais, dans sa forme réelle, le film est un véritable condensé d'actions (quasiment 80 minutes non stop de poursuites, fusillades et combats).
"Rage" raconte l'histoire d'un gentil professeur qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et qui se retrouve kidnappé par de vilains mexicains et qui sert de cobaye pour des expériences sur un produit rendant les hommes presque invincibles. Si on rajoute des flics ripoux, on se doute qu'il suffira alors à l'instit de s'évader pour être poursuivi par tout ce beau monde.
"Rage" est réalisé par Joseph Mehri et interprété par Gary Daniels.
Si le film souffre du manque de jeu d'acteur de son interprète principal, d'un scénario très léger, de dialogues ridicules et d'une photographie assez mauvaise et d'un début totalement inepte (Gary n'est vraiment pas crédible en professeur), il faut reconnaître au film qu'il n'est pas avare en actions (ça bouge quasi non stop) et que certaines scènes sont mêmes impressionnantes (notamment les cascades automobiles, le grand point fort de Joseph Merhi). De plus, au niveau des qualités, un film qui tente de faire un parallèle entre les faits divers et le principe des médias spectacles bien avant la participation, dans ce domaine, de Johnny To avec son "Breaking news".
Parlons maintenant du réalisateur, Joseph Toufik Merhi, né en 1953, a été propriétaire de pizzeria avant de se lancer dans la production. Il a été souvent associé avec un autre réalisateur producteur, Richard Pépin, dont je parlerai plus tard, avec lequel il a monté une société de productions, PM Intertainment (depuis fermée). Il est probablement le père ou le frère ou même le clone de Jalal Merhi qui a souvent tourné avec lui. Impossible d'en savoir plus sur le bonhomme tant Internet semble se montrer avare en informations sur ce réalisateur qui représente pourtant tout un pan du cinéma Bis avec le nombre de films réalisés, produits ou scénarisés par ce bonhomme.
Autres films à regarder du même réalisateur : "The Sweeper", "Zero Tolerance", "Last Man Standing".
L'acteur principal est donc l'immense Gary Daniels. Kickboxer anglais né en 1963, Gary rêve de cinéma tout petit en regardant les films de Bruce Lee.
Après une carrière professionnelle de kickboxer, il tente sa chance à la télévision en apparaissant dans des séries comme "Deux flics à Miami". Il part vite en Asie pour tenter sa chance et après quelques films ridicules, il atteint vite le sommet de sa carrière et son rêve, jouer dans un film avec Jackie Chan. Ce sera "Nikki Larson" dans lequel il côtoie Richard Norton et il combat son idole Jackie Chan.
En 1995, Gary Daniels participe à un film très ambitieux mais également foiré, aux côtés de Malcolm Mc Dowell et Chris Penn, une adaptation du manga "Ken le survivant".
Avec son jeu d'acteur limité, Gary Daniels est cantonné justement aux DTV (films qui sortent directement en DVD). Après un bon nombre de films, l'acteur améliore son jeu et réussit à apparaître dans quelques films intéressants comme "Tekken" et surtout un petit rôle dans "The Expandables" de Sylvester Stallone.
Approchant maintenant la cinquantaine, la carrière de star de films d'action de Gary Daniels est derrière lui.
Cependant, on pourra toujours apprécier quelques films dans sa filmographie comme
- Nikki Larson
- Cold Harvest
- Spoiler
- Fatal Blade
- Fire Power
et surtout
- Bloodmoon (sur lequel je reviendrai probablement)



